jeudi, août 11, 2022
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après le Ventoux, l’avènement de Wout van Aert, un coureur (presque) sans défaut

Avez-vous déjà vu un rouleur qui sait sprinter, et un sprinteur qui sait grimper ? Wout van Aert (Jumbo-Visma) est tout cela à la fois. Le Belge, deuxième derrière Mark Cavendish mardi lors du sprint de la 10e étape à Valence, a remporté mercredi 7 juillet la 11e étape du Tour de France, qui escaladait par deux fois le Mont Ventoux.

Le Belge de la formation Jumbo-Visma, délesté du travail d’équipier depuis l’abandon de Primoz Roglic au départ de la 9e étape, peut désormais jouer sa carte personnelle sur ce Tour. Et il n’a eu besoin que de deux jours pour la poser sur la table avec autorité. Mercredi, il a fait cavalier seul dans la seconde ascension du Ventoux pour s’imposer en solitaire à Malaucène. Sa quatrième victoire sur le Tour en trois participations.

Ému aux larmes à l’arrivée, haranguant la foule, le Belge de 26 ans a enfin atteint le niveau qu’on lui prédisait en haute montagne, après un très bon Tour de France 2020 (20e du classement général).

« Il m’a impressionné mais je me doutais qu’il était capable de le faire. Il a lutté pour aller chercher le jaune la première semaine, puis il a pris le soin de perdre intelligemment du temps à Tignes », observait Laurent Jalabert sur le plateau de Vélo Club. « Je sais que je ne suis pas le meilleur grimpeur mais quand je choisis mon jour, j’ai mes chances. Aujourd’hui, je me sentais très bien quand je suis arrivé dans le groupe de tête », a constaté le vainqueur du jour à l’arrivée. 

Avec cette victoire, il devient ainsi difficile de lui trouver un défaut. Le contre-la-montre ? Quatrième du chrono à Laval (5e étape) et vice-champion du monde de la discipline en 2020. Quid du sprint ? Deuxième à Valence face aux spécialistes mardi et deux victoires en sprint massif lors du Tour de France 2020. Les classiques peut-être ? Vainqueur de l’Amstel Gold Race et Milan-San Remo.

La montagne alors ? Il vient de remporter une étape qui gobait deux fois le Mont Ventoux, un des cols les plus durs au monde. « C’était une journée difficile. J’ai fait le Ventoux pour la première fois à l’âge de 10 ans. J’étais très motivé aujourd’hui, je pensais aux gens en Belgique, et c’était un col mythique du Tour », racontait van Aert à l’arrivée.

« WVA » fait tout très bien, et très peu de choses mal. Triple champion du monde de cyclo-cross (2016, 2017, 2018) il a fait de son passage à la route un simple ticket de péage, absorbant les codes et les victoires à grande vitesse comme son meilleur ennemi Mathieu van der Poel. A-t-il seulement un défaut ? Laurent Jalabert voit un embryon de piste : « Peut-être (qu’il pourrait) avoir quelques kilos en moins, mais c’est sa physionomie. C’est aussi ce qui lui permet de gagner à d’autres endroits », juge notre consultant.

Avec un tel bagage, et désormais une référence en haute montagne, Wout van Aert a-t-il le profil d’un futur vainqueur du Tour ? Alors que le public y pense déjà pour lui, l’intéressé a préféré esquiver la question par deux fois à l’arrivée. « Aujourd’hui, tout va bien après une période compliquée au début du Tour. La préparation était très difficile. Je pense que l’équipe a eu de la malchance avec les chutes de Robert Gesink, Primoz Roglic et aujourd’hui Tony Martin. C’est bien qu’on ait quelque chose avec cette victoire », a répondu le Belge, soulagé.

Va-t-il jouer le classement général ? Une question lancinante à laquelle est habitué Julian Alaphilippe, un autre polyvalent, depuis sa cinquième place finale en 2019. Pour le cas de Wout van Aert, désormais 13e du général, la réponse de Laurent Jalabert, pas le moins complet des coureurs à son époque, est claire : « Il doit rester concentré sur ce qu’il sait faire, car il le fait tellement bien. »

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