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Alaphilippe, Pogacar, Roglic, Van Aert, Van der Poel… Quel bilan 2021 pour le club des cinq affamés ?

Dernier grand rendez-vous de la saison 2021, le Tour de Lombardie a joué les cérémonies de cloture avec la victoire tout en maîtrise de Tadej Pogacar dimanche 10 octobre. L’heure des bilans est arrivée et une chose est sûre, cinq coureurs ont consolidé leur réputation de terreurs du peloton : Julian Alaphilippe, Primoz Roglic, Wout van Aert, Mathieu van der Poel et donc Tadej Pogacar. Cinq hommes qui vont, en toute logique, conclure l’année aux cinq premières places du classement UCI.

Pogacar, la récidive du nouveau cannibale

L’an dernier, il s’était engouffré en tête du classement général du Tour dans la dernière ligne droite, s’emparant de la tunique jaune sur la Planche des Belles Filles. En 2021, Tadej Pogacar n’a pas laissé de place au suspense. Et a rappelé à qui en doutait encore qu’il restait le patron de la Grande Boucle. Maillot jaune, meilleur grimpeur, meilleur jeune, trois victoires d’étape et cinq minutes d’avance au général, personne n’a remis en cause l’hégémonie du Slovène. 

Cette saison a sonné comme celle de la maturité pour le coureur d’UAE Emirates. Vainqueur de son premier Monument à Liège, il a aussi triomphé sur les tours des Émirats arabes unis, de Slovénie et sur Tirreno-Adriatico, pour un total de 13 succès. Avant de terminer l’année sur un deuxième Monument : le Tour de Lombardie, en Italie. De quoi devenir le troisième coureur à décrocher deux monuments et le Tour de France la même année, après les légendaires Eddy Merckx (1971 et 1972) et Fausto Coppi (1949). Rien que ça.

On en oublierait presque qu’une médaille de bronze aux Jeux olympiques vient couronner le tout. Les plus exigeants diront qu’il aurait pu mieux faire sur certains contre-la-montre, notamment aux Mondiaux (10e) ou sur les championnats d’Europe (12e), tant il a dominé celui de Laval sur le Tour. Mais être à la fois aussi bon rouleur et posséder une aussi grande pointe de vitesse quand on est grimpeur, la concurrence est quasi-déloyale.

Alaphilippe courronné deux fois

Les superlatifs manquent pour qualifier la prestation de Julian Alaphilippe aux championnats du monde. Sacré pour la deuxième fois d’affilée, cette fois en Belgique, le Français de la Deceuninck Quick-Step a montré, une fois de plus, qu’il était un coureur à part. Et ce même si sa première année en arc-en-ciel s’est avérée plutôt clairsemée. Blessé en fin de saison dernière, le Berrichon a repris au printemps. Deuxième aux Strade Bianche et à Liège-Bastogne-Liège, il s’est montré intraitable sur la Flèche Wallonne, conquise pour la troisième fois déjà.

Alaphilippe version 2021, c’est aussi l’histoire de Jeux olympiques boudés pour se concentrer sur sa vie de famillle. Mais avant le rendez-vous manqué tokyoïte, Alaf’ a attaqué le Tour dans son style caractéristique de puncheur. Avec des fortunes diverses : maillot jaune au soir de la première étape, mais fanny sur les vingt suivantes en dépit d’efforts remarquables.

Qu’importe pour le Français, dont l’objectif affiché n’était pas de concourir pour le général. Mais au vu du “bluff” de sa communication pré-Mondiaux de Louvain (“Si je suis amené à perdre le maillot, ce sera plus un soulagement qu’une déception”), doit-on réellement croire Alaphilippe sur parole ? En tout cas, lui n’a pas été frappé par le mythe de la “malédiction” du champion du monde. Alors qu’il avait pris l’habitude d’être frustré tout au long de la saison (six deuxièmes places), c’est le jour où tout le gratin était réuni qu’il a montré qu’il était le plus fort.

Primoz Roglic encore roi d’Espagne

Des miettes de croquetas. C’est peu ou prou ce qu’a l’habitude de laisser Primoz Roglic à ses rivaux, surtout sur la Vuelta. Quatre victoires d’étapes pour un troisième sacre d’affilée, cette fois avec plus de quatre minutes d’avance sur Enric Mas. Sur le Tour du Pays Basque, en roi magnanime, il s’est même permis de laisser David Gaudu couper la ligne avant lui sur la dernière étape à Arrate. 

Le Slovène a trouvé en Espagne une terre de consolation, pour panser les blessures de ses passages en France après sa chute sur la dernière étape de Paris-Nice alors qu’il était largement leader et surtout, celle qui l’a poussé à abandonner lors de la première semaine du Tour. Un an après le drame de la Planche des Belles Filles, il n’a pas pu prendre sa revanche sur son compatriote Tadej Pogacar.

D’une certaine façon, sa saison conservera une certaine amertume. Dans ce qu’il manquait encore à son palmarès, il n’a pas atteint l’objectif ultime sur le Tour de France et en Lombardie. Pas sûr que sa médaille d’or olympique en contre-la-montre lui permette de compenser ses échecs. Banaliserait-on l’exceptionnel en mettant en avant ces quelques défaillances au coeur d’une saison couronnée de succès (13 victoires) ? Sans doute un peu, oui. Mais dans un grand jour, Roglic affiche une telle supériorité sur ses poursuivants qu’il en devient frustrant de le voir faiblir. Quand il ne chute pas, le piédestal ne tremble pas.

Wout van Aert en infatigable compétiteur

Vainqueur sur l’Amstel Gold Race et Gand-Wevelgem, ses deux premiers grands succès dans les Flandres et les Ardennes, Wout van Aert a musclé un palmarès désormais bien constitué avec 13 victoires supplémentaires cette année. Ses trois victoires d’étapes sur le Tour de France, sur trois terrains complètement différents (sprint, montagne, contre-la-montre), ont fait halluciner les suiveurs de la Grande Boucle. Avant lui, seuls Eddy Merckx et Bernard Hinault, avaient réalisé cette performance. Excusez du peu.

Mais au regard de ses résultats finaux, le Belge peut nourrir quelques regrets. D’un côté, son bilan paraît un peu gonflé par ses cinq victoires sur le seul Tour de Grande-Bretagne. De l’autre, il a souvent joué placé (23 podiums) sans lever les bras sur les plus grands rendez-vous, peut-être rattrapé par la générosité de ses efforts en course : des Strade Bianche (4e), à Paris-Roubaix (7e) en passant par Milan-San Remo (3e), le Tour des Flandres (6e) ou encore les Jeux olympiques (2e).

Le Belge a également échoué à six secondes de Ganna aux championnats du monde de contre-la-montre. Il portera cependant un maillot distinctif, celui de champion national de Belgique. Maigre consolation pour un ogre qui aurait aimé briller tout le temps en plus de briller déjà partout et sur tous les terrains.

Van der Poel, le tube de l’été

Il n’a pas tenu aussi longtemps que Naps et sa “kiffance”, mais Mathieu van der Poel peut, quand même, prétendre au statut de tube de l’été. En six jours, le Néerlandais a enchanté la planète cyclisme en défendant jusqu’à l’épuisement son maillot jaune sur le Tour, la tunique que son illustre grand-père Raymond Poulidor n’avait jamais réussi à porter. Son sourire, autant que les performances, ont ravivé la nostalgie des plus anciens tout gagnant le coeur des plus jeunes. Et ce même si ses détracteurs lui ont reproché de sacrifier la Grande Boucle pour se concentrer sur les Jeux olympiques.

Tokyo où, justement, Van der Poel a chuté en VTT. Et donc compromis sa fin de saison, revenant pour un Paris-Roubaix d’anthologie qu’il a animé et failli remporter. Plus tôt dans la saison, le coureur d’Alpecin-Fenix avait accroché les Strade Bianche à son palmarès, avant de se faire souffler le Tour des Flandres par Kasper Asgreen. Résultat des courses : le Batave termine avec huit victoires. D’autant plus notable qu’il a tiré un trait sur certains rendez-vous pour se continuer à faire un peu de cyclo-cross (champion du monde pour la troisième fois d’affilée, devant un certain… Wout van Aert).

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