lundi, août 15, 2022
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Édouard Philippe «soutiendra» Emmanuel Macron en 2022

L’ancien premier ministre, qui lancera son mouvement politique début octobre au Havre, «espère» la candidature du chef de l’État. Il appuiera la démarche politique du président, «par loyauté et cohérence».

« Pour l’élection présidentielle de 2022, je soutiendrai le président de la République », a déclaré Édouard Philippe. Invité dimanche soir de TF1, il a dit «penser » et « espérer » qu’Emmanuel Macron soit candidat. S’il a décidé de lui apporter un «soutien complet», c’est par « loyauté » et par « cohérence ».

«Pendant trois ans, j’ai été son premier ministre, je me suis démené pour essayer de mettre en œuvre les engagements qu’il avait pris devant les Français. Je ne vois pas comment aujourd’hui je pourrai dire “ce n’est pas comme ça qu’il fallait faire” “ah si on avait fait autrement”», a-t-il expliqué. Et d’ajouter : «Je pense qu’Emmanuel Macron est fait d’un métal dont je ne vois pas beaucoup la trace dans tous ceux qui sont candidats à l’élection présidentielle, et je pense que c’est très important.»

«Les engagements, la philosophie qui était celle du président de la République en 2017, de réforme, de dépassement, d’audace, de transformation de la France pour raffermir sa puissance, pour essayer d’éviter les faiblesses de demain et corriger les faiblesses d’aujourd’hui, je pense que c’étaient des réformes qui allaient dans le bon sens et qu’il faut accentuer, reprendre si on veut raffermir la puissance de notre pays», a insisté Édouard Philippe.

Personnalité politique préférée des Français

Ces déclarations interviennent alors que l’ancien premier ministre doit annoncer le lancement de son mouvement politique les 8 et 9 octobre. Dans sa ville du Havre, il réunira ses troupes pour une opération qui ne manque pas d’intriguer en macronie. Tout en se disant loyal à l’endroit du président de la République, il n’en est pas moins libre. Chacun comprend l’envie d’Édouard Philippe de s’inscrire durablement dans le paysage politique. « Depuis son départ de Matignon, des gros postes dans des grands groupes étrangers lui ont été proposés, il a refusé », souligne un élu dont il est proche.

Quand toute la classe politique a les yeux rivés sur l’élection présidentielle de 2022, lui viserait déjà 2027. Même s’il s’en défend publiquement: «Parler de 2027, c’est à la fois déplacé et absurde». Sans pour autant être indifférent à son avenir : «Il y a une chose que je sais : quand on veut servir son pays, il n’est pas inutile de s’y préparer, intellectuellement, politiquement, avant d’essayer de donner le meilleur de soi-même, ça me paraît indispensable.»

Il est devenu la personnalité politique préférée des Français et n’élude pas son ambition même s’il n’est «pas du tout un homme impatient».

Le journaliste Tugdual Denis, qui l’a longuement confessé, rapporte cette phrase dans le livre La Vérité sur Édouard Philippe (Robert Laffont). Il « n’y a pas marqué sur mon front » que « j’ai vocation à rester toujours numéro 2, je vous le garantis ». « Si un jour je suis élu, c’est moi qui fixerai le cap, croyez-moi. Et c’est quelqu’un d’autre qui se démènera pour y arriver », explique le maire du Havre. Lequel a réuni début septembre à Fontainebleau des maires issus de la droite dont il est proche.

Lutte d’influence

Autant de signes diversement appréciés autour du chef de l’État, où certains macronistes fustigent cette forme de distance qu’Édouard Philippe installe avec l’Élysée. En prenant soin d’imprimer sa différence. En ayant toujours refusé d’adhérer à La République en marche. En ayant refusé d’animer la « maison commune » de la majorité après avoir quitté Matignon… « Édouard Philippe, il vit sa vie », commente son entourage, l’air de rien. Toutefois, l’ancien premier ministre a pris le temps de rencontrer la semaine dernière le président de l’Assemblée nationale, Richard Ferrand, un proche du chef de l’État.

« Entre ceux qui veulent qu’il prenne position et ceux qui cultivent une forme d’indifférence à son endroit, c’est le chat qui se mord la queue », raille un ami de l’édile normand. Le mouvement que lancera Édouard Philippe en dit long sur la lutte d’influence qui s’opère déjà en coulisse pour savoir quelle personnalité pèsera lors d’un éventuel second – et dernier – quinquennat d’Emmanuel Macron. «Si comme je l’espère, le président de la République est élu, il aura besoin demain d’une nouvelle majorité. Et moi je veux participer à la constitution de cette nouvelle majorité, de cette nouvelle offre politique. Ça me paraît indispensable», a d’ailleurs souligné Édouard Philippe dimanche, interrogé sur son prochain parti.

Au sein même de l’aile droite de la majorité, chacun surveille de près les initiatives de l’ex premier ministre. Les chapelles y sont nombreuses et toutes ne comptent pas se ranger derrière lui si facilement.

À voir aussi – Présidentielle 2022: quel rôle jouera Edouard Philippe?

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