mercredi, septembre 28, 2022
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ancien footballeur professionnel, Geoff Thomas pédale contre la leucémie

Son nom ne vous dit peut-être rien, mais Geoff Thomas est pourtant un ancien joueur de football professionnel. En vingt ans de carrière, il a pas mal bourlingué dans les différents championnats anglais – portant notamment le brassard de capitaine de Crystal Palace – de 1993 et 2003. International anglais avec neuf sélections, il a mis un terme à sa carrière en 2002, avant qu’une leucémie ne lui soit diagnostiquée en juin 2003. Guéri, il a ensuite parcouru plusieurs fois le Tour de France en amont du peloton pour lever des fonds pour l’assocation Cure Leukaemia. Et c’est de nouveau le cas en 2021, puisque Geoff Thomas dispute son cinquième Tour avec 20 équipiers, et ce une semaine devant les coureurs. C’est donc bientôt l’heure de l’arrivée.

Franceinfo sport : Comment avez-vous abordé votre cinquième Tour de France dans ce contexte délicat ?
Geoff Thomas : Ça a été stressant, parce qu’on a eu la confirmation qu’on pourrait le faire quelques jours avant notre départ, prévu le 19 juin, avec la levée des restrictions de voyage vers la France. C’est là qu’on a su que nous étions autorisés à relever le défi. Nous nous sommes donc assurés que tous les coureurs répondaient aux critères pour venir jusqu’en France. Et là, seulement, on a pu se projeter sur le sportif. De toute façon, quand vous partez sur le Tour, vous vous demandez toujours si vous en avez fait assez pour survivre sur votre vélo…

En 2003, on vous a diagnostiqué une leucémie, on vous a même dit qu’il vous restait trois mois à vivre. Tout ça juste après votre retraite de footballeur. Ça a dû être terrible à vivre…
Comme toute personne diagnostiquée avec un cancer, oui. Cela vous arrête net. Mais une fois la bataille gagnée, vous savourez beaucoup plus chaque chose de la vie. On comprend très vite ce qui est vraiment important après ça, à savoir la santé et voir votre famille grandir. Je savoure plus les choses que je prenais pour acquises. Le secret pour se battre ? Chercher des points positifs dès le premier jour. Même des petits. Il faut rester positif.

En 2005, lorsque vous embarquez pour votre premier Tour, pensez-vous l’achever ?
J’étais déterminé, mais honnêtement, je ne savais pas vraiment dans quoi je m’engageais. Je n’ai jamais rien vécu de tel auparavant. Chaque jour, l’émotion était au rendez-vous pendant les trois semaines. En vérité, je ne pensais pas en faire deux, et me voilà à mon cinquième Tour de France.

Vous avez déjà terminé le Tour à quatre reprises, pourquoi remonter sur votre vélo cette année ?
L’association caritative Cure Leukaemia, dont je suis le patron, a pris la responsabilité de financer un programme national de réseau d’essais cliniques. Il est donc vital que nous trouvions des fonds pour poursuivre le travail au sein du système de santé. Je sais par expérience que le Tour attire des personnes désireuses de relever le défi : à la fois de la course elle-même et de la collecte de fonds pour participer. D’autant qu’en 2020, on a dû annuler. Tout était en place. Les coureurs étaient visiblement déçus et l’association s’est retrouvée sans fonds. Mais c’est mon dernier Tour de France, notre objectif est d’aller au-delà de la collecte de 1 000 000 £.

Comment avez-vous constitué votre équipe ?
Le défi est ouvert à tous, peu importe les capacités sur le vélo. Malheureusement, nous n’avons qu’une seule femme cette année, mais nous visons une équipe plus équilibrée l’année prochaine. L’équipe a une tranche d’âge de 30 à 63 ans. Le seul critère que nous demandons est que chaque coureur puisse collecter 30 000 £. Pour la préparation, chacun se débrouille. Il suffit de sortir le plus possible en vélo. Personnellement, j’ai été bien soigné par un coéquipier qui est un scientifique du sport ainsi qu’un survivant du cancer.

Cette année, vous avez une semaine et non un jour d’avance sur la course : pourquoi ? Avez-vous peur d’être repris par Pogacar ?
Justement ! Quand on avait un jour d’avance, on nous posait souvent cette question : « Est-ce qu’ils vous ont rattrapé ? ». Mais non, jamais [rires]. C’est simplement parce que nous avons eu des discussions avec ASO qu’on a fait ce choix. C’est censé être le moyen le plus sûr pour tout le monde. D’autant qu’on parcourt chaque kilomètre du Tour. De temps en temps, on dévie lorsque le Tour touche les autoroutes, mais c’est très rare. Je ne suis pas le meilleur grimpeur. Je survis plus que j’apprécie les grandes étapes de montagne…

Les coureurs du « Le Tour 2021 » ont le droit à leur ravitaillement aussi sur le bord des routes. (JOOLZE DYMOND)

Êtes-vous soutenu par vos anciens coéquipiers de football ?
Au fil des années, j’ai construit un bon réseau d’anciens coéquipiers prêts à m’aider. Gareth Southgate ou Gary Lineker pour n’en nommer que quelques-uns. Avant le départ, honnêtement, je n’ai pensé à rien d’autre qu’aux trois semaines sur le vélo. Mais on voulait voir les matchs. L’Angleterre a une bonne génération de jeunes joueurs. J’adore Phil Foden. Nous espérons qu’ils sont tous prêts à montrer leur talent sur la grande scène européenne, dimanche. 

Est-ce plus facile de récolter des fonds à vélo qu’en football ?
Le vélo est plus inclusif. C’est plus facile de faire un challenge sur un vélo ou en courant que de réunir des gens pour faire un match de football, qui nécessite plus de technique. J’ai quand même organisé deux matchs caritatifs en 2006 et 2007 avec Crystal Palace.

Le football reviendra-t-il à la maison, comme le dit la chanson ?
Comme tout fan de football de n’importe quel pays, nous vivons dans l’espoir. Mais je ne suis pas du genre à mettre trop de pression sur les joueurs. Je laisse ça à la presse anglaise…

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